Caïn,son fils et la première ville du monde

Publié le par Arié


Caïn, fondateur de la première ville du monde

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J'ai eu envie ce soir - aller savoir pourquoi - de rappeler un passage peu connu de l'histoire de Caïn, cité en toutes lettres dans la Genèse 4:17.  Pour ce faire je vous propose un extrait de mon essai Ismaël et ses frères (page 23)
 


[Que peut-on retenir des descendants de Caïn, sachant qu’ils ne survivront pas, sauf une exception, au Déluge ? Qu’ont-ils apporté à l’humanité pendant leur bref passage sur terre ? 
Un passage qui passe pratiquement inaperçu dans le texte est l’apparition du concept de ville. En effet, le texte nous dit : « Caïn a un fils ‘Hano’h, (éduqué, en hébreu) bâtit une ville et lui donne le nom de son fils ». C’est un passage étrange. Caïn tue son frère, est maudit, selon la Bible, jusqu’à la septième génération, et condamné à errer à la surface de la terre, plus précisément à l’est d’Eden, là où se dirigent tous les condamnés. Et puis contrairement à son attente, le bonheur lui sourit, il rencontre une femme qui lui donne un enfant; lui qui pensait mourir comme son frère, sans laisser de traces derrière lui. Caïn condamné à l’errance sait qu’il ne pourra jamais s’installer dans un lieu fixe, alors il veut donner cette chance à son fils. Il l’éduque et veut lui laisser en héritage une ville, la première ville du Monde. Peu importe que cette ville soit engloutie plus tard par le Déluge. Seules comptent l’action et l’intention qui la sous-tend. Une ville, fruit de l’intelligence de l’homme, destinée à transformer le produit de la terre et de l’élevage. Lieu de rassemblement pour des hommes qui ne seront plus errants mais liés par des intérêts communs. Et tout ceci se passe à la deuxième génération, à l’initiative d’un assassin.
On constate ainsi que Caïn a bien intégré le concept de Lacan : point de forclusion du nom du père pour lui. Il ne sera pas un mauvais père comme Adam, mais un géniteur responsable, qui non seulement éduque son enfant mais en plus lui construit un avenir.]
 
On comprend que Caïn, condamné à l’errance perpétuelle, souhaite perpétuer sinon son souvenir entaché de sang, du moins celui de son fils "'Hano'h - l'éduqué". Mais pourquoi une ville, et comment cette idée invraisemblable lui est-elle venue, lui qui n’en a jamais vu aucune ? Décidément, un bien étrange passage !
 
 
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J
L'homme a peur de quitter ce monde sans laisser une trace derrière lui, c'est son côté égocentrique. <br /> Aussi, Caïn en choisissant une ville, a cru que cela serait un souvenir perpétuel. Quoi de mieux que d'investir dans la pierre, surtout qu'il était condamné à l'errance et comme chacun sait ; "Pierre qui roule, n'amasse pas mousse"
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V
l'illustration de couverture d'ismael et ses freres est tres forte. je vous felicite sur le choix de ce dessin
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J
bonjour.j'ai eus la chance et le bonheur de lire vos deux livres.ce sont deux sources d'inspirations riches en rebondissements. deux livres qui semblent differents de par leur contenu et de par la nature meme de la narration. un roman d'une part, un essai d'autre part, et pourtant nous avons l'impression de lire ces deux livres comme un seul.je ne sais pas ce qu'il y a de plus effrayant; croire en ce roman , ou deriver sur l'essai.mais ce qui m'a le plus frappe est cet univers ou l'imaginaire frole la realite et vice versa. un univers terrifiant ou je prefere penser qu'il ne puisse etre que fiction.encore bravo
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