Obama, Robin des bois, Jésus ou faux messie ?
Shabtaï Tsvi
J'ai reçu un commentaire bien senti de la part d'un bloguer, qui me cite saint Jean, et considère qu'Obama devrait servir d'exemple au peuple d'Israël. Je vous cite une partie de son commentaire :
« Obama, n'est certes pas le messie, mais il en est, c'est le moins qu'on puisse dire inspirateur. Tu peux expliquer, comment ce sont les Juifs qui ont servi de modèle aux Noirs, ou encore, pourquoi il a réussi, car il a su avoir un discours, qui porte les intérêts qui vont bien au delà de sa couleur. Il est alors a son tour, sans doute ,un exemple pour le peuple d'Israël (je n’ai pas dit israélien, ni juif), pour faire émerger un leader, qui lui saurait faire, ce qu'Obama ne pourra pas faire...Pour le fun, petit citation de nos demi-frères, les chrétiens : Evangile de saint Jean, ch. 4, v. 22 : «Jésus dit: ‘le salut vient des juifs».
A mon tour de développer la thèse initiée dans mon article : "Obama, n'est pas le Messie, il me semble ?"
Je pose la question : qu'y a t-il de commun entre Robin des Bois, les messies, vrais ou faux, et Obama ? Réponse : ils prennent aux pauvres pour donner aux riches et ils suscitent une formidable vague d'espoir dans des lendemains qui chanteront juste. Bref, ils galvanisent le petit peuple qui se considère injustement opprimé par les riches, les puissants, et les érudits.
Cela me fait penser au faux messie Shabtaï Tsvi qui, au 17 ème siècle, a failli faire imploser le judaïsme en redonnant un immense espoir au peuple juif, en attente fébrile du messie, et qui a fini sa carrière en se convertissant à l’Islam.
Mais Shabtaï, bien que très doué, aux dires de ses contemporains, n'aurait jamais réussi son coup s'il n'avait eu un super porte voix en la personne de Nathan de Gaza, qui a su colporter et amplifier son discours. Une sorte de directeur de campagne électorale tel Axelrod, qui quelque part, est le véritable gagnant de cette élection.
L'hystérie obamaniaque me fait également penser à Robin des Bois. Vous savez, ce mec au chapeau vert, planqué avec ses potes dans la forêt de Sherwood, qui dépouillait les riches pour redistribuer son butin aux pauvres. Genre taxation de tous les revenus supérieurs à 250 000 dollars et réduction des impôts pour les 95 % du reste de la population, envisagée par Obama.
Maintenant imaginez que ce ne soit pas Obama qui ait été élu mais que Jésus soit redescendu sur terre et remplacez le portrait d'Obama, qui trône à la une de tous les journaux, par celui de Jésus. On pourrait garder à peu près tous les gros titres et remplacer Obama par Jésus dans presque tous les discours et les talk show.
On assiste à une quasi déification ou béatification de son vivant d'Obama qui pose problème. En effet, si les actions plongent à la Bourse, la cote d’Obama, elle, atteint des zéniths dans les sondages, hors de l'Amérique, où sa cote de popularité n'est pas supérieure au pourcentage d'électeurs qui ont voté pour lui, ce qui prouve que les Américains ne sont pas vraiment dupes. Mais en dehors des Etats-Unis, le Messie nouveau, le Sauveur, est arrivé: en Afrique, en Amérique latine, en Europe et dans les pays musulmans. Un messie qui saura rétablir la justice sur Terre et, au dire des islamistes, remettra Israël à sa place, c'est à dire la plus insignifiante qui soit.
Je ne voudrais pas choquer "nos demi frères chrétiens", selon l’expression utilisée dans le commentaire, mais Obama-Jésus c’est du kif kif au même. La chose n’a rien d’étonnant, dans la mesure où le monde est plongé dans une telle déprime qu’il est en recherche, consciente ou inconsciente, du Sauveur, de l’homme providentiel, du prestidigitateur génial qui connaitrait tous les tours de passe-passe pour sortir l’humanité de la panade. Qu’il soit métis est un sérieux atout parce que n’appartenant pas à une catégorie humaine bien définie qui exclut les autres, tout un chacun peut s’y reconnaitre. D’ailleurs, pourquoi le messie ne serait-il pas Black, dans la mesure où la vierge vénérée par les Gitans à Saint Rémy de Provence est appelée la vierge noire ?
Des rabbins ont mis en garde les juifs sur l'imposture de Shabtaï Tsvi. Ils ont expliqué à leurs ouailles qu'il ne fallait pas confondre Messie authentique et faux messie charlatan. La plupart des voix rabbiniques de cette époque ont été balayées par la vague déferlante qui a transporté les juifs de l'époque dans une direction insensée qui trouve encore des échos dans la société actuelle.
J'en conclus que contrairement à ce que pense mon ami bloguer, Obama ne doit pas constituer un exemple pour le peuple d'Israël, car à l'instar des faux messies, l'espoir qu'il suscite pourra avoir un goût amer dans un laps de temps non défini.
Le parallèle avec Jésus est trop patent pour le passer sous silence. Non, les Pharisiens n'ont pas reconnu la messianité de Jésus et ils ne la reconnaissent pas plus aujourd'hui. De la même façon les Israéliens sont sceptiques et extrêmement attentifs quant aux prises de position d’Obama dans le conflit Israélo-Palestinien et vis-à-vis de l'Islam radical. Est-ce bon pour nous, s'interrogent-ils, comme ils ont dû s'interroger jadis dés qu'un faux messie porteur d’espérance pointait le bout de son nez .
Quant à Obama, conscient de l’immensité et de la complexité de la tache qui lui incombe désormais, je suis certain qu’il ne se laisse pas griser par l’hystérie médiatique qu’il a suscitée. Et même si c’était le cas, Axelrod et Ran Emmanuel le feraient redescendre sur terre.