Que pense le Talmud de Ségolène Royal ?
Question idiote me direz-vous, quel rapport y a t-il entre un texte écrit il y a deux millénaires et Ségolène ? Je vais essayer de vous démontrer qu'il n'en est rien. La dernière Michna de la Guemarra Sota nous livre un texte étrange, sans aucun rapport avec ce qui précède. Ce texte aborde la fin des temps et nous décrit la nature des rapports humains dans la génération qui précède la venue du Messie et aborde notamment la nature des relations entre dirigeants et dirigés. D'abord une traduction de mon cru de cette Michna.
A l'approche de Mashia'h, l'insolence augmentera et tout sera plus cher, la vigne donnera ses fruits mais le vin ( et les denrées en général ) coûtera très cher, la royauté (le Pouvoir) deviendra hérétique et plus personne n'acceptera des remontrances, la maison d'étude se pervertira ( la Torah sera négligée au profit de matières profanes), le Galil sera détruit et le Golan tombera en ruines, ceux qui habitent près des frontières ( exemple: habitants de Gaza et autres habitants de Judée-Samarie ; traduction libre) erreront de ville en ville et personne n'aura pitié d'eux, le savoir des Sages puera (sera déconsidéré), et ceux qui craignent la faute seront objet de répulsion et la vérité aura disparu, les jeunes ne respecteront plus les anciens, les vieux céderont la place ( dans le bus ou le métro, par exemple) aux jeunes, le fils insultera son père, la fille, sa mère, la bru, sa belle-mère, les ennemis seront les gens de sa propre maison, la face de la génération sera comme la face du chien et le fils n'aura plus honte devant son père. Sur qui pourrions-nous nous reposer, si ce n’est sur Notre Père qui culmine là haut.
En fait, toute la Michna est parfaitement compréhensible, à l'exception de cette phrase sibylline "la face de la génération sera comme la face du chien". Essayons de la comprendre, en nous fondant sur les commentaires. Le chien a ceci de particulier qu'on a l'impression qu'il dirige, puisqu'il marche toujours devant le troupeau et le berger, mais en fait il n'en est rien. Le chien se retourne fréquemment pour savoir où se dirigent les brebis et autres bêtes à corne, et les suit. En fait, il donne l'impression d'être leader mais il n'en est rien; c'est le troupeau qui décide de tout. Le troupeau s'arrête pour brouter, le chien s'arrête, le troupeau se dirige vers telle portion du champ où l'herbe est plus verte, le chien le suit. Son boulot, en fait, consiste à suivre le troupeau et à faire en sorte qu'il soit satisfait, tout en donnant l'impression qu'il marche devant.
Il en est de même des hommes politiques actuels qui n'ont aucune vision du futur et se contentent de conduire le troupeau des administrés, des électeurs, là où ils veulent aller, en prenant soin, bien entendu, de donner l'impression qu'ils les dirigent. De nos jours, on a mis au point un outil commode qui est le sondage d'opinion. Les Politiques ont besoin de ces sondages pour aller dans le sens du peuple, qu'il s'agisse de choses importantes ou de simples broutilles. Or la reine des sondages c'est précisément Ségolène Royal qui se targue d'être celle qui est le plus à l'écoute du peuple, qu’elle ne fait rien qui ne représente la volonté de la plèbe. Ce qui signifie qu'elle n'a en fait aucune vision, aucune ligne politique, se contenant de suivre le troupeau tout en donnant l'impression d'être à sa tête. Il n’y a pas que la Guemarra qui le constate.
Un compte à rebours de l’Histoire montre que jadis, les monarques, présidents et autres hommes d’influence, avaient une vision, bonne ou mauvaise, et drainaient le peuple. L’époque que nous vivons se caractérise par le marketing politique où l’objectif consiste à caresser le plus grand nombre dans le sens du poil.
Notre génération de manière générale est composée de non-visionnaires, et plus le temps passe plus on s'oriente vers une démocratie directe où le peuple ignorant et versatile est maître, et dirige ses Politiques. C'est ainsi que les sages interprètent cette expression, je ne fais que l'adapter à notre époque.
Quant au contenu de la Michna, je défie quiconque de le contester. La Houtspa qui pourrait se traduire par culot doublé d’insolence ne connait plus de bornes. Faites un petit tour en RER et vous en serez convaincus. Ce qui me frappe également, c’est l’approche macro économique de la Michna : il y aura de tout mais à des prix inabordables. Abondance et pouvoir d’achat !! Les magasins regorgent de tout mais les sous sont rares et la frustration augmente. Dans une Michna précédente de la même Guemara on évoque les fruits, qui, l’époque pré messianique sont beaux mais inodorants et sans saveur. Ca ne vous dit rien ?