Le monde a été créé il y a 5769 ans et......6 jours

Publié le par Arié

Pour un esprit moderne, affirmer que la création eut lieu il y a 5769 ans est proprement abhérant; même un petit enfant sait que le monde est vieux de milliards d’années. Cela est vraisemblablement exact et ne contredit en rien le discours biblique.


L’acte de création eut lieu, selon la tradition juive, le 25 du mois d’Elloul. Or le décompte des années a lieu six jours plus tard, soit le 1er Tishri, qui correspond au Jour de l’An juif, Roch Hachana, ce fameux sixième jour – vendredi, au cours duquel Dieu créa les animaux terrestres et l’homme. Nous voyons donc s’envoler une première idée préconçue, le monde n’a pas 5 769 ans mais en 5 769 ans et... six jours. Il est vrai que ces six jours ont été très denses. Mais chaque jour avait-il vraiment une durée de vingt-quatre heures ? La clé nous est donnée le quatrième jour. Ce jour-là, (Genèse 1 : 14), "Dieu fit les deux grands luminaires, et aussi les étoiles, pour séparer la lumière des ténèbres". Ce passage est surprenant dans la mesure où la lumière apparaît déjà le premier jour de la Création quand D. dit "que la lumière soit, et la lumière fut".


Les répétitions gratuites étant inconnues dans la Torah, nous sommes en droit de nous interroger sur ces lumières qui apparaissent successivement le premier et le quatrième jour. La première explication qui vient à l’esprit, est que ces lumières sont de nature différente. La différence fondamentale qui apparaît, à la seule lec­ture du Texte, est que la lumière du quatrième jour est produite par les deux grands luminaires que l’on peut raisonnablement appeler soleil et lune et par les étoiles. La lumière que Dieu créa le premier jour n’est pas le produit d’une source éclairante connue. S’il nous est bien sûr impossible de nous représenter la lumière ori­ginelle, nous connaissons par expérience la lumière intense pro­duite par le soleil et la luminosité plus faible de la lune.


Si donc le quatrième jour nous est familier, les trois qui le précèdent relèvent de la "science-fiction". Donc, avant que ne fussent créées nos planètes familières et leur fonction éclairantes, le monde était soumis à des règles autres qui obéissaient à une durée qui n’a rien à voir avec la notion de durée qui nous est familière. Un jour de création peut représenter un milliard de nos jours, ou de nos années, moins ou davantage, nous n’en savons rien. Cette thèse est confortée par le Texte, qui explique la fonction des luminaires et des étoiles du quatrième jour: "ils serviront de signes et pour les fêtes, et pour les jours et pour les années". Ces astres sont donc créés pour ponctuer le temps de l’homme, alors que l’homme - Adam - n’existe pas encore. En effet, qui peut s’intéresser aux fêtes si ce n’est l’homme, qui n’existe au quatrième jour qu’à l’état de projet ? La lune servira au Juif pour établir son calendrier, le soleil au Chrétien pour établir le sien. Les "signes" pourraient se traduire par constellations ou signes zodiacaux ; ce qui suppose qu’au quatrième jour, les pla­nètes identifiées occupent la place que nous leur connaissons aujourd’hui.

Pour la première fois également depuis le début du texte de la Genèse apparaît le mot "années". Le croisement des termes "signes, fêtes, années", nous renvoie sur un concept majeur qui est le temps, ou plus précisément la ponctuation du temps. Deux notions se dégagent au quatrième jour : le temps circulaire ou répétitif et la nécessité de marquer des temps dans ce temps, selon notre sensibilité, nos croyances ou notre agnos­ticisme.

Ainsi, l’homme à venir, pourra tout à loisir se consacrer à l’adoration des astres, imaginer que son destin est déterminé par les constellations ou les signes du zodiaque, ou bien ponctuer son existence par des célébrations d’événements, de fêtes, à son choix ou selon sa conviction, qui par définition se reproduiront tous les ans à période identique. Donc, avant de créer l’homme, D. met en place le théâtre terrestre et céleste où l’homme devra se pro­duire et le concept du temps. Le cinquième jour, sont réalisées les créatures marines et le sixième les créatures terrestres.

On pourrait ainsi diviser les six jours de la création - rappelons que le septième est destiné au repos et donc ne permet pas de création spécifique – en quatre périodes. Les trois premières qui correspondent aux trois premiers jours nous sont incompréhensibles; la quatrième, produit du quatrième, cin­quième et sixième jour qui nous parle d’années, d’astres, de pois­sons et d’animaux nous est familière. Nous igno­rons, bien sûr, sa durée, mais nous pressentons que dès le qua­trième jour nous pénétrons en terrain connu.

Enfin, rien ne laisse entendre qu’un jour de Dieu soit égal à un jour de l’homme. Le temps associé à l’Eternel se réfère soit à un moment de l’histoire de l’humanité, tel que "ce jour-là, le Nom de Dieu sera Un", ou à une période infinitésimale : "un batte­ment de cil de l’Eternel égale une année pour l’homme". Il serait à la limite ridicule de considérer les six jours de la Création sous forme de multiples des vingt-quatre heures à échelle humaine.

 

Je vous livre ma propre interprétation sur la notion du temps et de la création du monde, mais comme je l’ai écrit quelque part, j’ai horreur que l’on soit d’accord avec moi.

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