Prémices des temps futurs: la religion s'infiltre au Quai d'Orsay
Monsieur Kouchner serait-il un fan de géopolitique biblique, talmudique, islamique, catholique et tique, comme moi. Il le semble, car notre bon docteur, ministre des convulsions qui se passent ailleurs que sur notre territoire, a pris la mesure qu'il fallait: instituer un pôle religions au Quai d'Orsay
"Le pôle religions, c'est 6 personnes pour 16 000 diplomates !", relativise le ministre, comme pour s'excuser d'avoir dû instituer cette mini cellule de réflexion sur les choses de la religion, au Ministère fort laïque des Affaires étrangères. Sa fonction consistera à fournir de la matière aux politiques qui s'en passaient jusque là. Son directeur, Monsieur Joseph Maïla nous précise: "Dans certains pays, faire de la politique, c'est parler religion, et inversement. On ne peut pas l'ignorer", et "Comment faire de la médiation dans un conflit si on ne connaît pas la différence entre chiisme et sunnisme"
Ce Monsieur a bien raison et on est en droit de se demander comment faisaient nos politiques jusque là puisqu'ils ignoraient le fossé abyssal entre les deux branches majeures de l'Islam.
Je recommande fort à Monsieur Kouchner de suggérer à son homologue du State Department, Madame Hilary Clinton, d'instituer le même pôle dans son ministère. Cela éviterait à son patron, Obama, de raconter n'importe quoi sur les choses de l'Islam et de s 'incliner bien bas devant le roi d'Arabie alors que le Coran précise qu'il est interdit de s'incliner devant un homme fait de chair et de sang fut-il roi ou prophète, car on ne se prosterne que devant Allah. Jusqu'à présent, l'expérience diplomatique de la France en matière religieuse était cantonnée à ses relations avec le Vatican et à sa responsabilité vis-à-vis des congrégations religieuses. C'est tout de même léger, n'est ce pas?
Le pôle religions devra aussi, nous explique l'article du Monde, "donner aux ambassadeurs des éléments de langage commun après les propos critiques du président de la République sur le port de la burqa en France. Il leur a été conseillé de mettre en avant la dignité de la femme, la sécurité et la spécificité culturelle française". Il eut mieux valu ne pas évoquer ce sujet marginal; ce ne sont pas les problèmes qui manquent aujourd'hui dans notre douce France. mais du moment que notre Président a décidé d'en parler, il est en effet souhaitable d'éviter la cacophonie burquanienne.
D'origine libanaise, Monsieur Maïla, intellectuel catholique et ancien recteur de l'Institut catholique de Paris est clairement un spécialiste du christianisme et de l'Islam. On est donc en droit de se demander si dans son pôle siège un spécialiste de la "question juive", bien que ce terme ait acquis une connotation négative depuis Vichy. Sinon j'ai l'honneur de poser ma candidature car il y a bien des années que je réfléchis, écris et tente de décrypter les convulsions qui agitent le Moyen-Orient, et leurs conséquences planétaires, à la lumière des Textes fondamentaux du Judaïsme, de l'hébreu et du Code de la Bible," mais aussi du Coran et de la Nouvelle Alliance. Geopolitiquebiblique.com est décidément précurseur.
Par contre, si ce pôle - j'adore le terme choisi; il me rappelle les quatre coins de la terre , Arba Knafot haaretz dont on parle chez nous – fait l'impasse sur le Judaïsme, il risque de se transformer de "pôle des religions" en "guerre de religion", ce qui n'est pas souhaitable par les temps qui courent. Par ailleurs, comme l'a dit un pape fameux "les juifs sont nos aînés en religion". On a aussi quelque chose à dire sur le sujet et il serait maladroit de nous exclure de la réflexion.
Quoi qu'il en soit, l'initiative est heureuse car il est vraiment temps que nos politiques saisissent les "nuances" quelques fois hautes comme l'Everest entre un chiite pur et dur comme Ahmadinejad et un roi d'Arabie saoudite.