Il y a quelque chose de pourri au royaume du Prix Nobel
"Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark", nous dit Marcellus dans Hamlet. J'aurais tendance à penser que c'est au royaume de Suède et de Norvège que ça sent le rance. Et, puisqu'on est en plein théâtre, revoyons les actes de cette pièce de théatre comico-tragico-burlesque qu'est l'attribution du Prix Nobel de la paix à Barak Obama.
Premier acte: Barak Obama est élu président des Etats-Unis le 4 Novembre 2008. "Un vent d'espoir", comme écrivent les journaleux souffle. Mais en réalité, il ne peut s'agir d'un vent qui, par définition, ne peut souffler que dans une seule direction cardinale; il s'agit plutôt d'un mouvement tourbillonnant qui s'engouffre dans les moindres recoins, apportant un "message de paix, d'amour et d'espoir" - toujours d'après les journaleux - qui balaiera sur son passage le vent nauséabond que faisait souffler Bush Junior. Le 22 Janvier 2009 Barak Hussein Obama prête serment, en insistant bien sur son second prénom Hussein. Entre cette date historique et le 1er Février, date limite de dépôt de candidatures pour le prix Nobel de la paix, une Association de fans télégraphie la candidature du fraîchement élu Président au comité du prix Nobel, en charge de recevoir les candidatures; après tout ils sont dans les temps, il reste encore 10 jours pour le dépôt des candidatures. En parallèle, le club des fans de Nicolas Sarkozy envoie à Oslo la candidature de leur poulain: on ne sait jamais. Les amis d'Ingrid Bettencourt, ex-otage franco-colombienne ne sont pas en reste; qui mieux que leur pasionaria mérite ce prix prestigieux ? Il n'y a que las amis de Guilad Shalit, qui distraits, oublient de faxer son nom à Oslo.
Deuxième acte qui se déroule entre Ier Février et le 9 Octobre 2009, Obama, fidèle à ses promesses électorales introduit un nouvel ordre planétaire. En 9 mois, soit le temps d'un accouchement, il fait en sorte que par la magie de son verbe, le loup désormais peut enfin paître avec l'agneau, dans des champs verdoyants débarrassés de toute pollution de CO². Terroristes musulmans et Américains Républicains, main dans la main, vont fleurir le Ground Zero.
Troisième acte : Les membres du Comité oseront-ils, oui, non, non, oui, donner le prix de Nobel de littérature à Amos Oz? Non, ils n'ont finalement pas osé; les bookmakers qui donnaient Amos Oz gagnant à 4 contre 1 se sont plantés, enfin c'est les parieurs et non les les organisateurs de paris qui se sont trompés; ceux là, ils gagnent toujours. Pensez donc, deux prix Nobel à deux Israéliens la même année, ça fait désordre. Ils ont préféré récompenser une illustre inconnue, Allemande par choix, Roumaine de naissance, qui a eu le courage, en son temps, de s'opposer à Ceaucescu. Remarquez, je n'ai lu aucun de ses bouquins, et mieux encore, je n'en ai jamais entendu parler; je ne suis pas le seul, ils n'ont pas été traduits. Peut-être sont ils géniaux, je l'ignore. Qu'importe, l'objectif de la Fondation Nobel n'est pas de récompenser la bonne littérature mais le politiquement correct. Amos Oz n'aura qu'à attendre une année sans prix Nobel décerné à un juif. Après tout, il est encore jeune. Et puis Hosni Farouk n'a pas décroché la timbale de l'Unesco, alors il n'y a pas de raison qu'Amos Oz recoive le prix Nobel de littérature.
Quatrième acte: le prix Nobel de la Paix. En coulisses, les 5 membres qui composent ce Comité discutent. Non, personne ne leur a fait parvenir la candidature de Barak Obama, ou alors ils ne l'ont pas reçue; des problèmes d'acheminement du courrier sans doute. Que faire? Mais après tout, les membres du comité ont eux-mêmes la possibilité d'avancer leurs propres suggestions, et qui plus est, le protocole prévoit que la liste des candidats ne sera divulguée que dans cinquante ans. Donc, après moi le Déluge!
Ils n'ont pourtant que l'embarras du choix entre, Marouan Bargutti, emprisonné dans les geôles israéliennes, alors qu'il est le seul capable de mettre toutes les factions palestiniennes d'accord, Bernard Kouchner, le bon docteur, pourfendeur des belliqueux et grand porteur de sacs de riz aux démunis, à la condition qu'une caméra soit dans les parages, (mais Sarkozy s'y est opposé, parce que ça lui aurait fait de l'ombre), Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot et José Bové pour des motifs à peu près semblables, j'en passe et des plus nobélisables encore. Dans les faits, le Comité du prix Nobel de la Paix a reçu 205 candidatures Mais voilà, aucune d'entre elles n'a décroché le Nobel de la Paix. Pour la bonne raison que la Paix, c'est affaire de volonté et non de résultats. Or, qui a fourni des "efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale entre les peuples", qui possède une vision "pour un monde sans armes nucléaires" qui martèle que "Le dialogue et les négociations doivent être privilégiés comme instruments de résolution des conflits, mêmes les plus difficiles" (ce qui donne bien entendu le temps à l'Iran d'accélerer la fabrication de sa bombinette, aux Taliban d'occuper un maximum de terrain en Afganistan et bientôt au Pakistan et j'en passe)? Il n'y en a qu'un seul; j'ai nommé Barak, Hussein Obama. Il est donc normal, logique et même nécessaire que quelqu'un qui sait si bien lire les téléprompteurs depuis huit mois, en laissant les méchants vaquer à leurs occupations - mais que voulez, vous, la "diplomatie multilatérale" prend du temps - obtienne ce prix prestigieux.
Je perçois quand même comme un soupçon de partis-pris de la part des Suédois, bien que le prix soit remis par les Norvégiens à Oslo. Le premier Ministre de la Suède ne s'est-il pas enthousiasmé pour le rapport Goldstone, dont il faut tirer toutes toutes les conséquences, n'est-ce pas ? A savoir, mettre définitivement Israël au ban des Nations, et, si j'ai bonne mémoire, c'est bien un canard suédois qui a révélé le trafic d'organes de palestiniens, morts au champ d'honneur ou abattus sciemment par les soldats israéliens pour faire commerce de leurs organes.
A mon très humble avis, la décision des membres de la Fondation s'inscrit dans la même veine. mais les conséquences de cette décision sont immenses.
Pour le vulgum pecus, elles accordent à Obama un certificat de Cacherout Léméhadrin (une nourriture cacher qui peut être mangée par les plus exigeants). Dans nos sociétés qui ont perdu à la fois leurs valeurs et leur analyse critique, un blanc seing à la hauteur du Nobel de la paix libère son bénéficiaire de toute critique. Autrement dit, ce que fera Obama désormais sera parole d'Evangile, non discutable, inattaquable. Mais d'un autre côté, il lui lie les mains, car le stigmate du paix-man va lui coller à la peau: Comment peut-on déclencher une guerre, ou même poursuivre une guerre en cours si on est catalogué comme le président-qui-a-reçu-le-prix Nobel-de-la-paix.
Dilemme duquel Obama saura fort bien se dépêtrer. Il lui suffira de suivre le programme en deux points que lui ont fixé les 5 membres du Comité, et qui pourrait se résumer ainsi: réconcilier définitivement l'Amérique et l'ensemble du monde libre, pendant qu'on y est, avec le monde musulman et, en parallèle, débarrasser la planète de ses bombinettes nucléaires; le tout, écologiquement parlant.
Un programme pas si difficile sommes toutes à mettre en oeuvre, parce qu'il ne passe que par une confrontation directe avec l'Etat sioniste, une petite chose insignifiante peuplée de quelques millions d'habitants. Là se trouve la clef au problème qu'Obamal aura à résoudre, et là, est la guerre qu'il aura à mener. Cette guerre là, estiment les Sages du prix Nobel de la paix n'en est pas vraiment une, dans la mesure où il s'agit d'une guerre juste; en forme de Croisade, sommes toutes. Or qui a déjà dit que les croisades s'apparentaient à des guerres? La libération des Lieux saints des mains des infidèles - ou aujourd'hui, l'esplanade du Temple des mains des israéliens qui empéchent les Palestiniens d'aller prier à la Mosquée d'El Aqsa - est une Mitsva, un commandement positif, qui sera reconnu comme une bonne chose par la quasi totalité des habitants de la planète, sachant, comme le révèle une étude récente, que le quart de l'humanité est déjà composée de musulmans.
Je vous livre donc un scénario possible dont le point de départ a été déjà suggéré par Zbigniew Brzezinsk, le très officieux mais tout aussi influent conseiller de Barak Obama. Ce Monsieur a conseillé au Président Obama de descendre purement et simplement les avions israéliens qui seraient en route pour bombarder l'Iran. Je le trouve passablement timoré dans ses conseils, donc, je poursuis sur sa lancée. Les avions de chasse américains qui ont abattu les avions israéliens, au dessus de l'Irak, devront poursuivre leur chemin vers l'ouest, accompagnés de quelques bombardiers lourds porteurs de bombes bien grosses (celles là mêmes qui étaient destinées à l'origine à anéantir les sites nucléaires iraniens) et lâcher leurs bombes au dessus de Dimona. D'accord, il n'y a pas de certitude à priori, qu'Israël dispose de l'arme nucléaire, mais après un bombardement dans les règles de la base de Dimona, il sera certain, à posteriori, qu'Israël ne dispose plus d'un arsenal dissuasif, qui lui donne un avantage décisif sur tous ceux qui veulent le rayer de la carte. A ce moment, Obama pourra rétablir la pax america, en divisant Jérusalelm en deux, en créant dans la foulée un Etat (ou deux) palestinien, en expulsant manu militari les colons de Judée Samarie et d'ailleurs, en rendant le Golan au Syriens, en rétablissant le Hezbollah dans ses droits au Liban, et j'en oublie. Cette entrée en matière contribuera grandement à réconcilier Obama avec le monde musulman, réglant au passage "par négociations bilatérales", selon l'expression des Nobel, les petits problèmes en suspens, en Irak, en Afganistan, au Pakistan et ailleurs. CQFD. Ainsi Obama méritera pleinement le prix Nobel de la Paix. Le cas de figure que j'ai imaginé est bien sûr le plus optimiste, parce qu'il ne conduit pas à la destruction totale de l'Etat d'Israël. Mais, combien de temps, Israël privé de Dimona et de ses environs pourra subsister face à la furie mahométane ?
Pour tous ceux qui croient mordicus aux prophéties bibliques, l'Armagedon, qui n'est jamais qu'une déformation du nom de Meggido, petite bourgade surmontée d'une colline située au coeur d'Israël, la guerre de Gog et Magog, qui est également une déformation de "Gog au pays de Magog", l'arrivée d'Obama sur la scène internationale, et le vent d'hystérie qu'elle suscite, est considéré comme un signe. Un signe de quoi ? Disons pour faire simple, sans entrer dans des considérations ésoterico-cabalistiques, un signe de temps nouveaux qui annoncent de profonds bouleversements. Si ce n'est que ces bouleversements sont perçus différemment selon qu'il s'agisse des Chrétiens qui attendent Jésus, des Chiites, Ahmadinejad en tête, qui attendent le douzième Imam, dit le Mahdi, des Juifs qui attendent le Messie, des Autres qui n'attendent personne, mais qui espèrent des temps nouveaux, parce que les les temps actuels sont largement perfectibles. Alors je propose que parallèlement au chèque et à la médaille que recevra Obama de la part des Nobel, de nous cotiser pour lui offrir un bel âne blanc, monture messianique s'il en est; il a déjà un chien, et puis ça amusera ses filles. Ainsi il pourra se rendre à Oslo, juché sur son âne blanc immaculé, recevoir son prix. Et puis un âne blanc, c'est vachement écolo.
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