La chance d'Israël: la diplomatie nullissime d'Obama.

Publié le par Arié


J'ai écouté d'une oreille distraite, le panégyrique d'Obama fait par BHL sur Canal +. Bernard-Henri Levy posait sa candidature officielle pour le très envié titre de chef du club des fans d'Obama. Et il le mérite amplement. A la question: "mais vous avez quand même quelque chose à lui reprocher?", le philosophe, qui ne savait que répondre, a quand même laché qu'il n'était pas d'accord avec son idole sur le port de la Burqua. A part ce dérisoire détail, BHL a placé le discours du Caire, sur la réconciliation de l'Amérique avec le monde musulman, au rang des très grands discours jamais prononcés par un homme politique. Comme l'Appel du 6 Juin prononcé par le Général de Gaulle, je suppose.

Cette admiration béate a presque fait sourire les journalistes, mais on ne se moque pas d'un monument national comme BHL à l'antenne.

Je ne conteste pas d'être de partis pris, mais avant de voir fonctionner le bonhomme Obama, je voguais dans une bienveillante neutralité. Ce n'est plus le cas, car tout démontre qu'Obama est fondamentalement pro-musulman et que sa diplomatie au Moyen-Orient est nullissime.

Demonstration: Obama, d'une part pousse au règlement au conflit entre Israël et les Palestiniens, en amenant les deux parties à la table de négociation, et en parallèle, enjoint aux Israéliens d'arrêter les implantations en Cisjordanie. Or, depuis quand un pays devrait faire des concessions avant d'entamer la moindre négociation. Le dossier des implantations, hors de la Ligne verte, fait partie précisément des "issues". Devant la pression d'Obama sur les israéliens, Mahmoud Abbas, qui n'est pas plus malin que lui, en profite pour poser des conditions irréalistes, ce qui a bloqué instantanément toute négociation. Comme le dit justement le journaliste Yoël Marcus, un vieux de la vieille, dans un article paru dans Haaretz: "On ne commence pas par donner pour parler après. On parle d'abord pour et on donne après", éventuellement.

En fait, la plus grande bêtise d'Obama est d'avoir lié le conflit israélo-palestinien à sa politique de réconciliation avec le monde musulman. Les palestiniens se sont vu pousser des ailes et en ont profité pour faire monter les enchères. Obama semble commencer à comprendre son erreur; la preuve en est la volte face soudaine d'Hilary Clinton, qui du bout des lèvres, dit que le gel des implantations n'est plus vraiment une condition préalable à la reprise des négociations. Mais il fallait le dire d'entrée. Erreur historique, dont la conséquence est de ne pas avoir permis aux deux parties d'entamer la moindre discussion, ce qui bien évidemment, va contre le souhait initial d'Obama.

Après le discours "historique d'Obama" le 4 Juin au Caire, Bibi a finalement lâché des mots, jadis imprononçables par lui: "Deux Etats pour deux peuples". Qu'a répondu Ahmoud Abbas ? Rien, bien entendu. Yoël Marcus nous rapporte les propos d'un d'un observateur bien informé à Washington: "Bibi ne fait rien et continuera à ne rien faire, il a de la chance: Obama apparaît comme un nul et Abbas est un nul; et il ne se produira rien".  Fermer le ban.

Obama, qui va avoir besoin des juifs pour les élections législatives et sénatoriales en 2010, afin de ne pas perdre la majorité dans l'une des deux Chambres, commence à faire les yeux doux à la communauté juive américaine et à lâcher un peu de lest aux israéliens. Mais tout ça est gros et gras et arrive à contre temps, comme pratiquement tout ce qu'il entreprend.

Je ne veux pas tirer sur le pianiste et tirer profit d'un fait divers sinistre, où un Commandant de l'Armée américaine, médecin psychiatre de son état, d'origine palestinienne, abat 13 soldats américains et en blesse des dizaines, en criant Allah Ouakbar! Le tout dans une base américaine duTexas. Mais il n' est pas possible de passer cet événement sous silence. Je constate que les organisations musulmanes américaines paniquent et se désolidarisent, vite fait mal fait, des actes d'un "déséquilibré". Le matin même de la tuerie, le commandant Nidal Malik Hasan, vêtu d’une dishdasha, la tunique blanche traditionnelle portée dans les pays arabes, achetait tranquillement son café et ses pommes de terre sautées au drugstore du coin. "Il avait l’air normal", a confié le patron. L'après midi il vidait son chargeur sur ses frères d'armes. Dans ce cas précis - j'évite, vous le noterez, toute généralisation - les musulmans américains n'ont pas "enrichi", selon les termes employés par Obama au Caire, les Etats-Unis. Par contre, cet acte - initiative privée ou téléguidage - va avoir des conséquences sur l'envoi des troupes americaines en Irak et Afghanistan.

Je vous rapporte, pour mémoire, le passage du discours du Caire, qui concerne la contribution des musulmans à la société américaine, diagnostiqué par Obama. Rappelons que selon les organisations musulmanes américaines il y aurait entre 6 et 7 millions de musulmans aux Etats-Unis.


"Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l’un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle".


Et les Chinois américains, ils comptent pour du beurre ? 

 

 

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