Il est interdit d’instrumentaliser la Shoah

Publié le par Arié

feu.jpgL’instrumentalisation de la Shoah, depuis 60 ans a revêtu des formes diverses; j’en distingue deux particulièrement abjectes.

 

La première vient des Sonéï Israël, autrement dit de ceux qui  haïssent Israël,  et accessoirement les juifs, de toute leur âme, et qui se livrent à une dénégation en règle de la Shoa, ou du moins de son ampleur, pour mieux démolir l’Etat d’Israël, qui se serait construit, d’après eux, sur ses cendres. Le  plus récent exemple est à l’initiative de l’inénarrable Ahmadinejd, qui organise à Téhéran les assises du Négationnisme, pour mieux justifier de la nécessité de  rayer Israël de la carte.

 

Une autre forme d’instrumentalisation tout aussi abjecte,  consiste à expliquer aux Juifs qui ne pratiquement pas la Torah et les Mitsvot que la Shoah est la résultante des l’éloignement des juifs de cette époque de la Loi de Moïse, méritant ainsi le courroux divin. Régulièrement, on  assisté à des diatribes de ce genre  en provenance de Juifs, apprentis orthodoxes, qui se targuent de connaitre les voies divines. Il n’y a pas grand-chose à faire contre cette forme d’instrumentalisation, qui repose essentiellement sur la bêtise et l'ignorance.

 

Il existe un autre type d’instrumentalisation plus sournois qui consiste à se servir de la Shoah pour se construire une réputation, acquérir du prestige, voir gagner de l’argent, avec des livres qui auraient mérité de rester dans un tiroir, des films qui n’auraient jamais dû dépasser le stade du scénario. Ce type d’instrumentalisation est plus subtil, parce que dans ce domaine, rien n’est noir ou blanc. Certaines œuvres qui traitent de la Shoah qui peuvent choquer certains, sont appréciés par d’autres, peu importe les motivations de  l’auteur.

 

Nous avons assisté ces derniers jours à une nouvelle forme de dérive qui s’inscrit plus ou moins dans cette dernière catégorie, qui est l’instrumentalisation de la Shoah pour détourner l’attention du petit peuple des vrais problèmes. Peu importe les modalités d’application de l’idée saugrenue qui consiste à charger un petit français, ou une classe de petits français, de la mémoire d’un petit juif envoyé au massacre, l’instrumentation de la shoah est là et bien là.

 

Cette initiative est nocive, irréaliste et choquante.

 

Nocive, parce que sans être un grand pédopsychiatre devant l’Eternel, il est facile d’entrevoir les dégâts que cela risque d’occasionner sur certains gosses fragiles.

 

Irréaliste, parce qu’elle ne sera jamais appliquée, car elle se heurtera au refus de certains enseignants, parents et enfants, qui considèrent que la Shoah ne s’inscrit pas dans leur culture. Si j’étais le parent d’un jeune Black, je considérerai que le devoir de mémoire va à tous les petits africains arrachés à leur Afrique natale par les marchands d’esclaves, et si j’étais un Beur je considérerai que le devoir de mémoire va aux Palestiniens, et ainsi de suite.

 

Choquante, car elle exclut une composante essentielle de la mémoire de la Shoah qui est la pudeur et la retenue.

 

Si des initiatives telles que la Marche des Vivants, sont hautement louables et formatrices, parce qu’elles s’adressent à des adolescents, préalablement préparés à cette expérience, l’initiative proposée lors du diner du CRIF est une simple instrumentalisation d’une catastrophe sans nom, et surtout pas celui d'Holocauste, à des fins hautement critiquables. Il est vraisemblable que notre Président est mû par des bonnes intentions mais le Conseiller qui lui a soufflé cette idée devrait être affecté à d’autres taches, beaucoup plus obscures.

 

Sarkozy me fait penser à ces enfants qui mettent un temps infini pour construire une haute tour en lego mais qui n’éprouvent de véritable jouissance que lorsqu’ils lui donnent une pichenette pour la démolir.

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