Les sourds ne s’embarrassent pas de détails.

Publié le par Arié

 

MAARAT.jpgIl existe dans le Midrash une jolie histoire, reprise dans le Talmud (Sota 13/A), que m’a rappelée mon ami, "Le Rabbin des Bois".

 

On y raconte que lorsque Joseph et ses frères voulurent enterrer Jacob dans la Maarat Hamakhpéla ; lire le Tombeau des Patriarches, Esaü arriva et contesta le droit de Jacob d’y être enterré, arguant du fait que la toute dernière place dans le caveau lui revenait de droit. Il présenta pour appuyer sa thèse toute une série d’arguments, plus ou moins fondés. Sur ce, Joseph et ses frères lui répondirent qu’étant donné qu’il avait vendu à Jacob son droit d’ainesse, il lui avait vendu en même temps le droit d’être enterré dans le caveau. Esaü contesta l’argumentation avec force détails et demanda in fine qu’on lui produise l’acte de vente…du droit d’ainesse. Or cet acte était resté en Egypte, et il fallait aller le chercher. Pendant ce temps, Jacob n’était toujours pas enterré. On décida donc d’envoyer Naphtali, le plus rapide à la course, chercher l’acte de vente.

 

La discussion s’éternisait et aurait pu durer encore longtemps, lorsqu’un des petits fils de Jacob, Cho’ham ou ‘Houcham, fils de Dan, commença à s’énerver. Il avait une bonne raison à cela ; il était sourd comme un pot et n’avait pas pu suivre toutes les subtilités de cette discussion. La seule chose qu’il avait saisie, c’est qu’il fallait attendre le retour de Naphtali d’Egypte, muni de l’acte de vente et que pendant ce temps là, Jacob ne serait toujours pas enterré, ce qui était une pure infamie. Que fit-il ? Il saisit un bâton et asséna un coup sur la tête d’Esaü, réglant ainsi tous les problèmes d’un seul coup.

 

Cette histoire, bien évidemment, comporte une morale : quelque fois, il ne sert à rien de discuter, négocier, argumenter, sans fin, parce que, pendant ce temps là, la situation empire, et la putréfaction progresse ; un bon coup sur la tête, soit une solution efficace et rapide, peut régler bien des problèmes, et surtout  gagner du temps.

 

Libre à chacun, d’appliquer cette leçon midrashique à la situation qui lui parait la plus appropriée.  Il n’en manque pas en ce moment.

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