Chaque région du monde a son "Etat voyou", pardon, son "Etat d’Israël"
Lu dans Courrier International un article signé par une journaliste de Bogota, Maria Jimena Duzan qui traite de l'exécution du numéro deux du FARC, Raul Reyes, par les forces régulières colombiennes.
La journaliste s’interroge : cette opération n'a t-elle pas eu recours à des procèdés douteux, de tels procèdés ne menacent-ils pas la démocratie colombienne, n'existe t-il pas un risque pour que la Colombie cesse d'être un Etat de Droit ? Bonnes questions de la part d'une patriote sincère, inquiète par la dérive possible de son pays.
Et puis la comparaison qui tue fuse: "Frapper les FARC est une chose, mais devenir l'Israël de la Région en est une autre"! L'insulte suprême. Devenir Israël, tout, mais pas ça! Devenir un assassin, un criminel, un Etat voyou ou barbare, qui ne se préoccupe en aucune façon de l'état de droit, un paria qui viole les frontières, puisque Reyes a été abattu en Equateur, et non en Colombie.
Bien évidemment Courrier International met de l'huile sur le feu en titrant: "Colombie-Israël, même combat ?", alors que l'essentiel de l'article traite de bien autre chose.
Quoiqu'il en soit, être l'Israël d'une région est devenu l'insulte suprême. Si un Etat se transforme ponctuellement ou durablement en Etat voyou, on n’emploiera plus désormais le mot voyou, On se contentera de le traiter d'Israël.
Les Colombiens par contre ne sont pas mécontents de la liquidation de Reyes, presque aussi contents que lorsque Pablo Escobar, le chef du cartel de la drogue de Medelin a été abattu par les forces de l'ordre colombiennes. La population est satisfaite, mais la journaliste ne l'est pas, par crainte que son pays se transformer en ISRAEL.
Qu'importe qu'Escobar ait été le plus grand pourvoyeur de drogue de tous les temps, que les FARC soit honnis par la population colombienne et par une bonne partie du monde, ce qui importe à la journaliste et à Courrier International, c'est le risque, même infime, que l’on puisse comparer la Colombie à Israël. La honte !
Léger réconfort: si Israël est un Etat voyou, alors le Hamas peut être comparé aux FARC, à Escobar et à Reyes. Mais je n'imagine pas un seul instant que Courrier International choisisse un article qui titre : "FARC - HAMAS, même combat ?"
Huit ados qui étudiaient au Merkaz Harav ont été abattus. Par qui ? Mais par un Israélien, pardi. Un habitant des faubourgs de Jérusalem-est ; un entrepreneur en transports, qui, étant israélien, bénéficiait du Bitoua’h Léumi, de la Koupat ‘Holim ; bref, de tous les avantages dont bénéficient les Israéliens, y compris ceux qu’il a assassiné. La population à Gaza danse de joie ; les vidéos sont sur tous les sites. Les députés arabes israéliens prononcent des discours enflammés dans les villages arabes ; ils y démolissent à qui mieux, mieux, le pays qui leur a permis d’être élus à la Knesset.
Alors je vais expliquer à la séniorita Duzan ce qu’un Etat voyou, mais soucieux de la sécurité de ses habitants, pourrait faire, pour mériter ce titre.
Faire cesser pour de longues années les tirs en provenance de Gaza et régler définitivement, par la même occasion le problème du Hamas, en envoyant sur Gaza quelques chasseurs et bombardiers bien lestés, sans leur imposer la retenue d’usage chez TSAHAL.
Déménager de Jérusalem-est et de ses faubourgs, la population arabe, hostile à Israël, qu’elle ait ou non une carte d’identité israélienne, avec un billet aller simple vers la destination de son choix, hors des frontières d’Israël.
Priver les Députés arabes de leur mandat et de tous les bénéfices qui y sont attachés ; le principal étant de cracher dans la soupe qui vous nourrit.
Voilà Seniora, comment agirait un Etat voyou, peu soucieux en pertes humaines, comme disent les bien-pensants. Alors, vous auriez sans doute le droit (et encore ce n’est pas certain) de craindre une comparaison entre votre pays et Israël. En attendant je vous suggère de prier très fort pour que votre pays arrive seulement à la cheville du mien, y compris pour ce qui est de la sauvegarde de la démocratie et des Droits de l’homme.