Le Tibet, une diversion passagère au conflit du Proche-Orient
Commençons par le Dalaï Lama, ce Saint Homme, comme on a l'habitude de le qualifier en Occident. D'après ce que je me suis laissé dire, le Saint Homme, lors de son exil volontaire en Inde n'a pas perdu le nord et emporté avec lui des dizaines de tonnes d’or faisant partie du trésor tibétain. C'est de bonne guerre et on ne va pas le blâmer pour ça.
Le Dalaï Lama, en communiquant accompli, instrumentalise, comme jamais auparavant, les Jeux Olympiques, semant ainsi une énorme pagaille, dont les répercussions économiques risquent d'être gravissimes et certainement plus préjudiciables pour la France, aisément remplaçable comme partenaire économique, que pour la Chine incontournable. On oublie de vous dire que le problème au Tibet est identique à celui qui se pose au Xinjiang, pour le peuple Ouïghour ou Turkmène, à la différence près que les Ouïghour sont musulmans et non bouddhistes, et que manifestement, le Dalaï Lama a pris une longueur d'avance en instrumentalisant le premier les Jeux Olympiques, coupant ainsi l’herbe sous les pieds des Ouïghour qui devront trouver une autre cause. Il est vrai que les musulmans sont moins photogéniques que les bouddistes et n'habitent pas une aussi belle région, aux confins de l’Himalaya. Par ailleurs le Mouvement Islamique de l'Est Turkménistan qui prône l'indépendance du peuple Ouïghour est classé par les Etats-Unis, comme par la Chine d’ailleurs, comme un mouvement terroriste. C'est peut être vrai mais ce n'est pas une raison de se désintéresser de ses malheurs.
Que réclame le Tibet ? Une autonomie. Le Dalaï Lama se garde bien de prononcer le mot "Indépendance", tout en le pensant très fort. Pour les Chinois cela revient exactement au même. On oublie aussi de vous dire que le Tibet n'est pas peuplé uniquement de Tibétains mais aussi de Hans ou Chinois qui seraient forts mécontents de vivre dans un pays déconnecté de la mère patrie. On oublie aussi de vous dire que la pratique de l' esclavage n'a été supprimée qu'à l'arrivée des chinois au Tibet, qui ont, sensiblement amélioré le niveau de vie des tibétains
Les Hans sont un peuple fier et fort sourcilleux dès qu'il s'agit de patriotisme. Faire cohabiter un milliard quatre cent millions de chinois est un exploit peu imaginable. Les chinois y parviennent peu à peu. L'organisation des Jeux olympiques dans leur pays est précieuse et un motif de fierté national ; leur contester le droit moral de les organiser est une insulte de premier ordre, plus grave encore, une faute politique.
Je gage que les bonnes âmes qui volent au secours des tibétains opprimés sont les mêmes que celles qui se portent au secours des "palestiniens maltraités par les Nazis israéliens".
Heureusement, bon gré, mal gré, le problème se tassera une fois achevés les Jeux Olympiques. Des séquelles graves subsisteront, et, sans minimiser les souffrances des tibétains, j'espère que Sarkozy ne commettra pas l'erreur de boycotter les jeux par une absence remarquée.
Alors, fin août, on pourra revenir aux problèmes sérieux ; lire le conflit au Proche-Orient. D’ici la, Ahmadinejad aura le temps pour peaufiner ses bombinettes nucléaires, le Hamas avalera sans faire de bruit le Fatah et la vie, comme un long fleuve tranquille, pourra couler, couler.