Remarque pertinente de Le Pen sur les Chtis
Quelle ne fut ma surprise d'apprendre que les Chtis battaient tous les records d'audience, et que depuis la "Grande Vadrouille", aucun film français n'avait tant enthousiasmé les français.
Je me suis interrogé sur les raisons de ce succès et suis arrivé à la conclusion que les français étaient vraiment paumés dans ce vaste monde, dont les règles de fonctionnement échappaient à leur compréhension, et que toute référence à quelque chose de bien franchouillard, qu'ils étaient seuls à comprendre, et auquel ils pouvaient s'identifier, constituait une véritable bouffée d'oxygène.
La médiocrité, accompagnée d'un peu de tendresse et de beaucoup de chauvinisme, est un grand fédérateur dans un monde devenu impitoyable, où le prix à la pompe s'envole et où les yaourts deviennent un produit de luxe.
Le succès des Chtis est à mettre en parallèle avec "La Star Academy", l'élection de Miss France, et autres fadaises franchouillardes du même acabit, où des bons petits gars de chez, nous venus des quatre coins de l'Hexagone et de nos DOM/TOM, font parler le génie français.
L'ennui c'est que le génie français ne vole pas très haut par les temps qui courent, mais qu'importe, il nous appartient et personne ne peut nous l'enlever. Les Chtis n'est pas un produit exportable, il a connu son heure de gloire dans notre belle France, et c'est là qu'il sera enterré.
Un parallèle avec le désamour des français à l'égard de leur président: tant que Sarkozy n'était qu'un candidat impétueux à l'élection présidentielle, un bon p'tit gars de chez nous, qui plus est, empêtré dans un contexte conjugal problématique, qui méritait toute notre sympathie, il bénéficiait d'une cote d'amour au zénith. Le jour où il a commencé à fréquenter des milliardaires, à voguer sur des yachts et à sortir avec un top modèle, les français se sont sentis trahis. Il abandonnait la franchouille, pour naviguer dans un Jet set cosmopolite, inatteignable, d'un autre monde. Il avait cessé d'être un biloutte.
Or, un ex biloute qui se distingue des biloutes à vie, dégringole dans les sondages. C'est comme ça au pays des biloutes.
J'avais envie depuis un moment d'écrire un article sur le sujet, et voilà que Le Pen me devance, en proclamant "que le succès du film de Dany Boon est un signe de la décadence de l'esprit français". Je suis si rarement en phase avec le Führer du Front National, pour souligner les rares fois où je partage son analyse. Sauf que cette décadence a commencé, d'après moi, avant la parution du film sur les Chtis. Je la situerai dans les années 1939/1940 où une grande majorité des français a épousé les thèses non moins franchouillardes de la bande à Pétain/Laval, reprises par Le Pen.
Le seul signe encouragent que je perçois dans cette "décadence" stigmatisée par Le Pen, est la descente aux enfers du Front National. Tout n'est donc pas perdu dans notre belle France !