La Kahina, juive ou pas juive ?

Un nouveau venu sur mon blog, qui anime un site fort intéressant, m’a demandé de fouiller dan le code de la Bible pour y dénicher La Kahina. Vous savez, cette fameuse guerrière berbère qui s’est opposée à l’invasion arabe au 8 e siècle, à l’époque où l’Islam fraichement conquistador balayait tout sur son passage.
Bien que La Kahina ne fasse pas partie de ma culture, j’ai décidé de m’y intéresser pour deux raisons : La première est son opposition courageuse, tout à fait d’actualité, à l’invasion arabe, qui prend de nos jours d’autres formes, mais qui n’a fondamentalement pas changé depuis 13 siècles, et la seconde, un présupposé qui a la vie longue : sa judaïcité.
Ce qui est intéressant avec l’hébreu, c’est qu’il n’y a pas de triche possible. En effet, en latin on peut écrire La Kahena ou la Kahina avec un K, et ça ne porte pas à conséquence. En hébreu, il faut choisir : soit on écrit Kahina avec un Kaf, et dans ce cas, on présuppose d’entrée qu’elle est apparentée à la famille des Cohanim, donc juive, soit on fait commencer son nom avec un Kouf et cela renvoie à la racine arabe Kahin qui signifie, non pas sorcière, comme on a coutume de le croire, mais prédicatrice d’avenir, à la limite de prophétesse.
Ce choix est fondamental et symptomatique des recherches que l’on peut entreprendre dans le code de la Bible en hébreu. Certains n’hésitent pas à faire fonctionner le code en français, anglais, chinois peut être. C’est une absurdité, une absence de probité intellectuelle, et, plus grave encore, une tromperie du lecteur. On ne compte plus les erreurs, les contresens et les fausses vérités qui circulent, parce que les "spécialistes" qui se targuent de bibliophilie, ne connaissent ni la Bible, ni l’hébreu, ni par conséquent la différence entre le Kaf et le Kouf. D’ailleurs Kouf renvoie à Kof, qui signifie singe. Disons des singes savants.
Revenons à La Kahina. Cette gente dame avait un prénom, Dahaya ou Dhaya, semble t-il ? N’ayant aucun parti pris sur sa judéité, j’ai décidé d’orthographier son nom de deux façons différentes : avec un Kaf et avec un Kouf, en gardant le même prénom. En effet, si on veut se rapprocher tant soi peu de la vérité, il est indispensable d’authentifier l’identité exacte de la personne que l’on cherche dans la Torah. Si j’avais cherché simplement Kahina, j’aurais trouvé plus de mille mentions dans la Bible.
J’ai trouvé Dhaya Kahina, avec un Kouf, une seule fois dans toute la Bible, entre Exode 3 :15 et Samuel II 14 :17, avec un saut de lignes de 46897 lettres, et Dhaya Kahina avec un Kaf, cinq fois.
Pour tenter de la cerner davantage, j’ai introduit le mot berbère ; ce qui m’a éliminé quatre des cinq noms. Celui qui restait apparaissait dans une matrice éclatée entre Jérémie et Daniel avec un saut de ligne de 45206 lettres
Ce qui émerge dans les deux matrices c’est la présence insistante d’une armée arabe, Tsava Aravi. Dans la matrice Cohen, le mot Tsava est carrément intégré dans Aravi, pour bien nous faire comprendre les intentions belliqueuses des Arabes envahisseurs. Dans cette matrice le mot MILKHAMA, soit guerre, trône bien en évidence, en haut de la matrice. Par contre, on ne trouve aucune référence à une religion donnée dans aucune des deux matrices ; Islam, musulmans, chrétiens, Juifs, sont absents, comme pour pointer du doigt la motivation première de la Kahina, qui était la résistance à l’envahisseur qui débarquait pour soumettre son pays, et non le souci de préserver sa foi.
Le fameux acte de bravoure de La Kahina, qui tend la nuit un piège à une armée arabe, est suggéré dans la phrase "D. protège cette nuit là", qui vient croiser La Kahina. Le mot nuit apparait également dans la matrice Cohen.
Ces matrices est certainement beaucoup plus riches en enseignements, maisleur analyse nécessite beaucoup de temps. J’y reviendrai peut être.
Le fait que La Kehina avec un Kouf, n’apparaisse qu’une seule fois, dans toute la Bible, alors que la Kehina se réclamant de Cohen, apparaisse cinq fois, fait pencher la balance en faveur de la première matrice. J’en déduis que l’appartenance de La Kehina au peuple juif, et qui plus est aux Cohanim, est peu vraisemblable. Le surnom de prédicatrice - Kahin - attribué par les Arabes à cette reine berbère des Aurès, me parait plus proche de la réalité. Mais il importe de souligner qu’elle ne peut être à la fois devin et Cohen, pour une simple raison d’orthographe hébraïque. Avis aux auteurs qui ont fantasmé autour de ce personnage en ne s’attachant qu’à la lettre K.
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