Amitié judéo-chrétienne, oui... à condition que les Juifs reconnaissent Jésus
Des amis bien intentionnés m'ont fait suivre une invitation à participer au 60° anniversaire de "l'Amitié Judéo-chrétienne" qui, à Nice, se tiendra au Centre Universitaire méditerranéen, sous le patronage du Conseil Régional.
Cette "Amitié" n'est pas une mince affaire. L’Association date de 60 ans et a été fondée par l'historien Jules Isaac et cosignée par le Grand rabbin du Consistoire central de l'époque et les représentants de toutes les Eglises chrétiennes constituées.
Je renonce à vous reproduire tout le texte de l'invitation pour ne retenir que la conclusion :
"Comment affirmer que le salut de l'entière Humanité s'accomplit à, travers le Christ, sans supposer l'inutilité, pour le moins, du Judaïsme désormais ? "
Merveilleux!!!
L'Amitié judéo chrétienne n'est concevable, pour les Chrétiens, que dans la mesure où les juifs reconnaissent que le salut de l'humanité passe par la reconnaissance du Christ. Quant au judaïsme, il ,"n'est plus inutile, pour le moins". Et pour le plus, il ne sert plus à rien, ou bien, il est carrément nuisible ?
Pour une fois, à dessein ou par maladresse, les chrétiens affirment clairement la couleur.
Pour ma part, cela me donne l'occasion d'affirmer à nouveau que toutes les amitiés, le dialogue et le concept même de judéo-christianisme sont, au mieux vides de sens, et au pire, carrément dangereux pour le juifs.
Remarquons d'abord que l'initiative du rapprochement judéo-chrétien est, à des exceptions près, comme celle de Jules Isaac, le fait des Chrétiens, et non des Juifs, ou du moins pas des juifs quelques peu informés sur la Loi juive. Les juifs ne sont à la recherche d'aucun rapprochement inter religieux, dans la mesure où la Loi assigne une place bien précise, aux juifs, d'une part, et aux autres religions, d'autre part, avec un distinguo entre les religions considérées, par la Loi juive, comme monothéistes, et les autres. Si les Sages sont d'accord pour considérer que l'Islam est un pur monothéisme; les positions sur le Christianisme, en tant que religion monothéiste, divergent, du fait de la "Sainte Trinité" et du rôle quasi divin attribué à Jésus.