Les Cathos vont délivrer des diplômes d'Etat. A quand les Musulmans ?

Publié le par Arié

"Quand j’entend le mot culture, je sors mon revolver", disait Goebbels. On pourrait paraphraser ce monument de connerie en disant "quand j'entend le mot culture, je sors mon pape", et l'attribuer à Sarkozy, voir à son porte flingue et nouveau ministre de la culture, Bernard Kouchner.

Petit rappel historique. En 1880, Jules Ferry fait voter une loi qui attribue aux seules universités publiques le droit d'accorder des diplômes universitaires, genre Licence, Doctorat et même Baccalauréat, considéré comme le premier dis-plom universitaire.

Eh bien les choses ont changé dans notre beau pays et ce depuis le 20 décembre 2007. Ce jour là, Nicolas sarkozy déclarait au palais de Latran à Rome que la République "répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholiques".
Le 18 décembre 2008, Bernard Kouchner – encore lui – signe avec Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, un accord sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur catholique. Si cet accord n'était réservé qu'aux matières cathos, genre Droit canonique, ce serait un moindre mal, mais cet accord s'applique à toutes les matières, pour peu qu'elles soient habilitées par le Saint-Siège, autrement dit par le pape. Kouchner pousse si loin la courtoisie qu'il n'impose pas une liste de matières mais laisse la Congrégation pour l'éducation catholique le soin de rédiger la liste des matières et des diplômes. Autrement dit, si le pape décide de créer une Fac de Droit catholique, voir de médecine, le diplôme accordé permettra à l'heurex récipiendaire d'exercer en toute légalité en France, au Vatican et dans l'Union européenne. Vive la laïcité. Bernard Kouchner s'est félicité de cet accord "historique", mais quand on voit Kouchner se féliciter des conclusions de la conférence de Durban Ii, on constate que Bernard a la félicitude facile.

Cette information est-elle parvenue à vos oreilles? Pas aux miennes en tout cas jusqu'à ce que j'achète "le Canard enchaîné". J'ai vérifié; l'information est solide; la preuve aucun média d'envergure, à part "La Croix", n'en a parlé.

Maintenant un peu de prospective s'impose. Pourquoi un Tariq Ramadan, grand universitaire devant l'éternel, ou un Dalil Boubaqueur, n'iraient pas exiger à leur tour que les diplômes délvrés par les instances universitaires islamiques soient reconnus au même titre que que ceux délivrés par la Catho ou par toute université catholique à voir le jour ? Ils pourraient commencer par le Droit musulman, continuer par un diplôme de sciences économiques halal, conforme à la Charia. Je vois très bien apparaître des avocats ayant obtenu leur Doctorat à la Mosquée de Paris ou de Tourcoing. Il n'y a qu'à signer le même genre d'accord avec la Conférence islamique, avec le Roi d'Arabie, gardien des lieux saints ou avec qui vous voudrez.
Je recommande donc à nos instances rabbiniques de ne pas se laisser distancer. Trois ans de Yeshiva donneront droit à une Licence, dix ans à un Doctorat.
C'est bien Sarkozy qui a dit qu'un instituteur n'égalerait jamais un curé, ou quelque chose dans le genre. Nous en avons aujourd'hui la preuve. Et dire que les enseignants et les lycéens manifestent pour des broutilles. La mort de l'enseignement laïque et républicain ne vaudrait-il pas une petite manif ?

 
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article