Le pape, chaud partisan de Durban II et meilleur allié d'Ahmadinejad
Comme c’est étrange, lorsque le pape nous parle de la porosité du préservatif qui laisse passer la graine du Sida, le monde vocifère, soutenant mordicus que le caoutchouc avec lequel il est fabriqué est de première qualité, étanche, sur, fiable, quoi ; un plaidoyer planétaire pour la capote anglaise, comme on disait à mon époque. Mais quand le pape nous dit que Durban II est une réunion cruciale à la quelle il faut absolument assister " pour mettre fin à toutes les formes de racisme, de discrimination et d'intolérance " ; un préservatif super efficace en quelque sorte qui préservera les hommes de toutes les mauvaises graines racistes, personne, à de rares exceptions ne pipe mot. Les média si prompts à s’enflammer se sont tus, comme devant la génuflexion d’Obama devant le roi d’Arabie.
Le pape fustige le préservatif et bénit, urbi et orbi la conférence de Durban ; les absents seront excommuniés !! Pour un peu il enverrait in extremis à Genève un émissaire exceptionnel en la personne de Mgr Williamson afin de suivre et d’orienter éventuellement les débats, si le besoin s’en faisait sentir. En effet, on ne sait jamais, peut être que la condamnation d’Israël comme prototype d’état raciste laissera encore planer des doutes ; la condamnation ne sera pas franche et massive, alors Williamson,qui sait ce que racisme et antisémitisme veut dire, aura tôt fait de remettre de l’ordre et d’exiger un texte qui ne laisse place à aucune ambigüité.
Il n’est pas utile de revenir sur la mascarade de Durban II - tout a été dit et le reste sera précisé par Ahmadinejad -, mais il n’est pas vain de s’interroger à nouveau sur la nature et les objectifs poursuivis par Ratzinger devenu le pape araignée.
Ce pape a un but, c’est incontestable, reste à savoir lequel ? La seule piste que nous ayons c’est que Durban est, d’une part une tribune à la gloire de l’Islam qui ne supportera plus la moindre caricature de son prophète ni la plus légère critique à sa religion planétaire, et d’autre, part un tribunal international, puisque érigé par l’ONU, destiné à condamner sans appel Israël. Israël, pour les musulmans est une tache qui vient souiller un espace géographique dévolu à l’Ouma, la grande nation arabe. Sa présence au Moyen-Orient est une aberration historique qui doit être corrigée. Cette constatation d’ailleurs rend caduque le concept de "deux états pour deux peuples " qui ne peut germer que dans un cerveau occidental ; les arabes et les perses ne peuvent même pas imaginer un état juif perenne sur une terre musulmane. Mais ça, Obama n’est pas prêt à comprendre.
Voyons maintenant ce qui chiffonne le pape. Si Israël est une incongruité géographique pour l’Islam, un état juif construit dans le pays qui a vu jaillir Yéshu et Saül, dit St Paul, est une aberration, pire un camouflet théologique. Pendant deux mille ans les juifs n’ont été qu’une curiosité bancale, une preuve de la justesse de la doctrine chrétienne : un petit peuple faible, tourmenté et dispersé, auquel dieu a retiré ses faveurs pour les reporter sur ses nouveaux élus. Or voici que les juifs sont revenus sur leur terre, "peuple sur de lui et dominateur", comme disait de Gaulle, et de l’autre côté, le catholicisme bat de l’aile. Il y a donc quelque chose qui ne fonctionne pas sur le plan théologique. Face à cette nouvelle réalité, la hiérarchie catholique avait le choix entre deux attitudes. La première consistait à accepter "nos ainés en religion" selon l’expression consacrée, la seconde, la réfuter. C’est incontestablement la position adoptée par Benoit, le 16 ème du nom. Rappelons que le 15 ème Benoit, le pape dit « boche » qui sévit durant la Première guerre mondiale, a été d’une partialité pro allemande qui lui valut d’ailleurs son surnom décerné par Clémenceau. Le choix du nom et du numéro par Ratzinger prouve déjà sa volonté de partialité et de sectarisme. Sa volonté de renouer avec le mouvement mis en place par Mgr Lefebvre, qui va bien au-delà de la levée de l’excommunication des Williamson et consorts, ne signifie pas nécessairement que le Pape va exiger des lefebvristes d’adhérer à Vatican II, mais, plus probablement, que lui, Benoit, partage les thèses d’un Lefebvre qui, entre autres, soutenait mordicus la thèse du juif perfide, traitre et déicide.
A partir de là, les choses s’éclaircissent un tantinet : le bras séculier de la vengeance sur les juifs étant l’Islam, autant l’utiliser, l’encourager et le soutenir. Les juifs n’ont pas le monopole de la connaissance des textes bibliques et prophétiques. Esaü, lire l’Occident chrétien, lire le Pape Benoit XVI, qui déteste cordialement son frère Jacob/Israël, pour lui avoir piqué son droit d’ainesse ("ainé en religion"), n’a d’autre possibilité pour abattre son frère que de s’allier avec Ismaël, lire l’Islam conquérant, lire Ahmadinejad et consorts. Cela s’est vu à l’aube des temps, cela se reproduit de nos jours.
Pendant des siècles, l’Eglise disposait de son propre bras séculier : les monarques très catholiques, la sainte Inquisition ; elle n’avait nul besoin d’Ismaël, qu’elle combattait d’ailleurs de temps à autres. Aujourd’hui elle ne dispose que de quelques gardes suisses, comme le président de la confédération helvétique, grand pote d’Ahmadinejd. Elle a désespérément besoin des islamistes pour mener sa guerre sournoise et vicieuse contre Israël.
Le pape n’a aucun différend théologique avec l’Islam qui place Jésus sur un piédestal, à la droite de Mahomet. Les convergences d’intérêt entre Benoit et l’islamisme le plus radical, celui qui vise à la disparition pure et simple d’Israël de la carte de l’espace et du temps, sautent aux yeux et expliquent sa volte face après le discours de Ratisbonne, son soutien à la conférence de Durban et aussi la réhabilitation d’un évêque négationniste et la prochaine béatification de Pie XII qui interviendra, je le pense, après sa visite en Israël.
Pendant ce temps, les préparatifs pour accueillir dignement sa sainteté à Nazareth et à Yad Vashem, où Benoit fera une visite sélective, évitant les salles où il est question de Pie XII, vont bon train. L’aveuglement des israéliens ou leur indifférence – ce qui est pire - devant la visite de ce Pape en Israël, me rendent dingue.
A moins que le pape ne dispose d’une information top secret que nous ne possédons pas, d’une prophétie sur la fin des temps surgie des catacombes ou peut être s’attend t-il à une apparition miraculeuse sur la montagne du Saut à l’élastique à Nazareth.
Concrètement, il ferait mieux, puisque le Vatican assiste en observateur à cette conférence, de pousser un coup de gueule sur les conditions réservées aux chrétiens en terre d’Islam. Enfin, félicitons le pape pour le parfait timing: quel meilleur jour que le Yom Hashoah pour apporter sa bénédiction à cette ignominieuse conférence ?
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Quelques heures plus tard: Ahmadinejad a fait son discours, une quaranataine de participants ont quitté la salle, même le Secrétaire Général s'est fendu d'un communiqué. Nous attendons les protestations de Benoit.