De la méritocratie à la médiocratie
La médiocratie française est née en 1989, le jour où Lionel Jospin, ministre de l'éducation nationale fait voter, avec l'aval de Rocard et Mitterand , la loi qui portera à jamais son nom, et qui fixe à 80 % le nombre de reçus au Baccalauréat. Vingt ans après, Sarkozy décide de supprimer le classement à la sortie de l'ENA. Ainsi la France, en 20 ans, est passée d'une République méritocratique à une République médiocratique. En parallèle, Sarkozy fustige les chefs d'entreprise accusés de tous les maux et tares, dont celle d'être bien payés pour leur travail.
La conséquence de ces mesures et prises de position, récompensent la médiocrité et la fainéantise. A quoi ça sert de se décarcasser pour passer un Baccalauréat que l'on est certain de décrocher et dont le niveau n'atteint pas celui du feu Certificat d'Etudes? Pourquoi se donner du mal à étudier pour sortir dans la botte à l'ENA ou ailleurs, puisque en y rentrant on est certain d'en sortir, non classé, donc à égalité avec les meilleurs. A quoi ça sert de devenir chef d'entreprise à succès puisqu'une rémunération élevée qui récompense des performances et des responsabilités est assimilée à de l'escroquerie? La dernière mouture de la médiocratie française est en train d'être concoctée par le sieur Yazid Sabeg le « Commissaire à la diversité et à l'égalité des chances » qui veillera à ce que d'autres « Rashida Dati » émergent pour occuper des places à responsabilité.
Ce tableau rapide brossé, je me dois de faire un parallèle avec les juifs, dans le genre « les girafes et la question juive », mais en plus sérieux toutefois.
Jadis, seuls les enfants les plus brillants accédaient aux grandes Yeshivot et seuls quelques élus super doués, ilouï, en hébreu - vous remarquerez la ressemblance phonétique entre ces deux mots – devenaient des Guides pour la communauté. Aujourd'hui, il est rentré dans le moeurs que celui qui décide d'étudier toute sa vie aura la possibilité financière de la faire, et de décréter que la Torah est son métier TORATAM OUMANOUTAN. Cette mesure est renforcée du fait des accords - de Majorité à la Knesset - passés récemment entre Rav Ovadia Yosef (CHASS) et Bibi Natanyahou, qui stipule que les écoles religieuses (Harédi), et les Yeshivot seront désormais financées par les budgets des Communautés locales, à égalité avec l'enseignement classique, contrôlé par l'Etat, et ceci sans aucun lien avec le Budget de l'Etat. Ce qui signifie que, crise ou pas crise, budget en baisse ou pas, les institutions religieuses seront certaines de recevoir leur financement.
« Ton bac, tu l'auras, même si tu ne sais pas écrire, ta place à la Yéshiva, tu l'auras, même si t'es pas fait pour ça. » Parallèle audacieux mais plutôt juste qui montre que la médiocratie n'a pas de frontières.
Dans la même veine, l'élévation aux plus hautes charges, que ce soit dans la politique, à la tête des grandes Administrations ou entreprises, dans les instances communautaires, est devenu affaire de piston, de magouilles copains-coquins, de télégénie ou de politiquement correct, où la méritocratie cède la place à la médiocratie. Phénomène de société, nivellement par le bas pour que le péquin moyen puisse se projeter dans ceux qui le dirigent, en se disant « moi aussi je peux », je l'ignore, mais les faits sont là, entêtants.
Le principe de Peter stipule que chaque personne est appelée à atteindre son niveau d'incompétence, avec les désagréments que cela entraîne, pour lui même comme pour ceux qu'il aura à diriger. Ce n'est pas une règle d'or mais elle tend à se généraliser à notre époque. Ainsi nous avons les gouvernants que nous méritons, les penseurs que nous méritons, les papes et les rabbins que nous méritons.
Jadis, les juifs avaient Baba Salé et le Rabbi de Loubavitch pour les guider, aujourd'hui, ils ont ......... ; remplissez vous-mêmes les points de suspension.
Heureusement, il nous reste les Livres qui, en principe, sont éternels, à moins qu'ils ne disparaissent aussi, faute de lecteurs. Alors un conseil en ces temps d'incertitude, faites un bon investissement, garnissez votre bibliothèque.